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Chuck Norris mettrait K-O la grève étudiante

Mon devoir de philo. Comme dans le cadre la chronique bimensuelle dans le quotidien Le Devoir je propose de décrypter une question d’actualité à partir des thèses d’un penseur marquant.

Si Chuck Norris était à la tête du gouvernement québécois, il botterait certainement les fesses du mouvement étudiant. Après, il enverrait au tapis tous les autres mouvements de contestation qui existent au Québec.

L’étude attentive des films de Chuck Norris démontre sa capacité à dominer plusieurs adversaires à la fois. Fussent-ils 20 ninjas qu’il réussira à les mettre au sol chacun leur tour.

Comment un simple homme, même Chuck, peut-il réussir à vaincre une telle quantité d’opposants à la fois ? La vérité, en tout respect, c’est qu’il ne le peut pas.

Il ne combat jamais vraiment plus d’un opposant à la fois. Les 20 ninjas cités plus haut l’attaquent chacun leur tour jusqu’à ce que leur groupe soit complètement au tapis. Bref, Chuck Norris ne combat pas 20 opposants simultanément, mais un seul opposant à 20 reprises. C’est la clé de sa victoire.

Les mouvements sociaux (et les ninjas d’ailleurs) devraient tirer leçon de l’anthologie des films de Chuck Norris et ne pas hésiter à rejoindre le mouvement étudiant dans son combat. La pire des stratégies serait d’attendre « son tour » et de laisser les étudiants seuls face au gouvernement.

Selon toute la littérature pertinente sur le sujet et les modèles appropriés, plus il y a d’opposant simultané, plus les chances du gouvernement sont minces. En conclusion, nous croyons que Chuck Norris mettrait K-O la grève étudiante québécoise, mais pas un mouvement social simultané.

 

 

 

 

Mon banquier est contre la grève

Rien à faire, il est farouchement contre la grève !

J’ai eu beau lui expliquer que la hausse des frais de scolarité va endetter davantage les familles de la classe moyenne et empêcher des jeunes talentueux de poursuivre leurs études, rien à faire il est pour la hausse.

Je lui ai fait valoir que les diplômés paieront des impôts tout au long de leur vie et qu’ils rembourseront ainsi l’éducation et l’ensemble des services publiques; Ça ne l’a pas ému.

Comme il travaille en finance, je lui ai parlé de la mauvaise gestion des fonds par les universités. Il a hoché de la tête un petit peu, mais il a gardé son carré vert.

En fait, derrière sa moustache de banquier, je le vois lécher ses babines. Il croit que si la hausse des frais de scolarité est adoptée, le gouvernement augmentera les prêts et bourses et c’est pour ça qu’il salive.

Si la hausse a lieu, il va pouvoir prêter beaucoup plus d’argent aux étudiants via le programme de l’aide financière aux études. Toutes ces sommes sont garanties par le gouvernement, donc si l’étudiant ne paie pas ses dettes, l’État s’engage à le faire: mon banquier ne cours aucun risque.

Aucun risque, mais il empoche gros avec les intérêts payés par les étudiants : 2 milliards de $ en 2003, selon un document de la conférence des recteurs (CRÉPUQ). Et cela ne comptabilise même pas les intérêts supplémentaires provenant des marges de crédit que les étudiants contractent directement auprès des institutions.

Mon banquier est pour la hausse des frais de scolarité et encourage les étudiants à poursuivre leurs sessions en arrêtant leur grève. Payer la hausse c’est faire sa juste part, prendre ses responsabilités, qu’il répète.

Au fond, je crois qu’il est nerveux: la grève de 2005 lui a déjà fait perdre suffisamment d’argent…

 

Alexandre Gauthier

 

781 bières de moins

Lettre à Geoff Molson.

Publié au Nouvelliste le 21 mars 2011

Votre industrie court un grand danger, monsieur Molson. Alors que la menace d’une hausse drastique des frais de scolarité planait depuis plusieurs mois déjà, telle une épée de Damoclès au-dessus de votre industrie, le pire semble s’être confirmé.

Lors de son dernier dégel, le gouvernement libéral, et plusieurs chroniqueurs, ont répété que l’augmentation de 500 $ sur cinq ans pourrait être palliée par les étudiants en ne buvant qu’une bière de moins par semaine.

Déjà, on sentait que le gouvernement libéral avait l’intention de nuire à l’industrie de la bière au Québec, mais avec l’annonce d’une nouvelle hausse des frais de scolarité, il lui déclare la guerre.

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