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Mon livre Gros ninja – de quoi ça parle vraiment?

Paraît qu’un truc pour savoir ce que tu veux faire dans la vie, c’est de te rappeler ce que tu rêvais d’être quand tu étais enfant. Je ne me souviens plus qui m’avait partagé ce truc, mais moi, la chose que je voulais devenir en grandissant c’était : un ninja. Eh oui, j’ai grandi avec les Tortues ninjas et plein d’autres films d’arts martiaux. Finalement, je suis plutôt devenu auteur. Et c’est à mon personnage de Francis que je vais faire vivre cette aventure. Gros ninja c’est un livre destiné aux jeunes à partir de 10 ans publié aux Éditions de la Bagnole. C’est un genre de Karaté kid avec des blagues. Mais, au-delà de ça, ça aborde aussi des sujets que je trouve importants.

1- Je veux challenger notre modèle de la masculinité

Nous sommes plusieurs, comme Francis, à avoir grandi avec des figures masculines comme Rambo et Vin Diesel. D’ailleurs, mon personnage de Jean-Marc était cette figure masculine idéale dans les années 90… Il est aujourd’hui vieux, grincheux et en chaise roulante. Il habite un bungalow où la seule personne qui vient le visiter est la jeune livreuse de la pharmacie (Jasmine).

Avec mon histoire, je m’attaque à un des plus grands mythes de la masculinité : celui du self made man. Comme quand Rambo 2 part se battre tout seul contre l’armée nord-vietnamienne. Ce mythe qui prétend que ce qui serait « viril », ce serait d’être capable de s’arranger tout seul dans la vie. T’as un problème? Deal avec. Tu ne vas pas bien? Ravale tout ça et ne demande surtout pas d’aide.

C’est exactement pour cette raison que Francis veut devenir ninja. Pour se défendre et avoir la force de régler tous ses problèmes lui-même. Mais, ce qu’il va découvrir en chemin, c’est que ce qui le rend plus fort ce ne sont pas ses entraînements de ninja, mais les liens qu’il développe avec les autres en les faisant.

Être « viril » ce n’est pas de savoir survivre tout seul dans le bois avec un canif et une canisse de gaz (quoique, dit comme ça, c’est quand même assez badass!). Ça signifie plutôt de prendre soin des autres, d’accepter ses vulnérabilités, ses limites et qu’on a besoin des autres dans la vie. Être viril, c’est avouer à ses amis qu’on ne va pas bien, c’est aider une vieille personne à traverser la rue, c’est briser le silence quand on voit une personne se faire intimider.

2- Je veux aussi me réapproprier le mot « gros »

Mon éditrice m’a demandé si je tenais vraiment à appeler mon roman « gros ninja ». Pourrait-on se faire accuser de grossophobie? Ce titre est important pour moi. Et je suis d’ailleurs très content qu’elle m’ait fait confiance.

Gros ninja, c’est un oxymore. Deux mots qui ne se peuvent pas ensemble, comme « sombre lumière » ou « party de comptables ». Ça capte l’attention, ça crée de l’anticipation et, pour tout dire, ça me fait sourire. Dès qu’on lit ce titre, on sait qu’on va s’amuser.

Je trouve aussi que ça me représente bien. J’ai toujours rêvé d’être un ninja badass malgré ma bedaine et mes grosses fesses. En grandissant, je n’ai jamais eu de héros qui me ressemblait physiquement. Les seuls personnages avec des surplus de poids étaient des idiots ou des incompétents (ou des humoristes des années 90 dans les galas Juste pour rire, merci pour ça les boys #diversité).

Mon héros est enrobé. Ça ne l’empêche pas de faire des arts martiaux, de plaire à certaines filles et d’avoir des amis. Ce n’est pas un handicap. Il est juste un peu plus gros que les autres. Son corps est fait comme ça. Il ne cherche pas à maigrir. Il n’est pas une patate de divan non plus. C’est un ado bien normal, sauf qu’il magasine dans la section « L » du rack à t-shirt.

3- Donner envie de lire aux jeunes

J’ai écrit le livre que j’aurais aimé lire à 12 ans. Un livre qui ne se prend pas au sérieux, avec de l’humour et des scènes d’action. J’y ai d’ailleurs mis un chapitre « dont vous êtes le héros ». Juste comme ça. Tu tournes la page et pouf, te voilà aux commandes l’histoire. Quand j’étais jeune, j’adorais ce type de livre. Une enseignante m’avait d’ailleurs déjà confisqué mon livre car elle jugeait que ce n’était pas de la « vraie » littérature. À quelques reprises dans mon roman, je m’amuse à briser les codes, j’interpelle le lecteur directement, je brise le quatrième mur. Est-ce c’est de la vraie littérature, ça, madame Johanne? Peu m’importe, tant que ça touche le lecteur. Que ça l’embarque dans le récit et qu’il a le goût de tourner la page pour connaître la suite. J’ai écrit chaque mot et chaque paragraphe pour convaincre un jeune qui ne tripe pas nécessairement sur les livres que lire ça peut être cool. Qu’on peut s’évader, déconner, rire et décrocher quand on a entre les mains la bonne histoire.

Bon, tout ça, c’est le propos de fond. Toutefois, mon idée n’est pas de faire la morale. C’est avant tout un roman qu’on lit pour se divertir, dont on tourne les pages en souriant et où on veut savoir où les intrigues vont mener nos personnages.

Pour commander Gros ninja :

Écrire un livre – combien ça prend de temps?

J’ai écrit un livre. Oui! Dans la dernière année, j’ai écrit un roman complet : 50 000 mots, 260 pages. C’est une histoire destinée aux jeunes de 9 à 14 ans qui va être publiée aux Éditions de la Bagnole. Ça s’intitule GROS NINJA, j’en reparlerai dans un autre article, c’est certain!

LA grosse question que je me posais avant de me lancer dans ce défi, c’était de savoir combien de temps ça me prendrait. J’ai donc posé la question à Google, mais je n’ai rien trouvé de satisfaisant. Ceux qui écrivent sur le sujet restent vague : « ça m’a pris un an ». Okay? Mais encore? Un an temps plein ou bien un an en te poignant un peu le beigne? Fort de mon expérience, j’ai donc décidé d’écrire moi-même l’article que j’aurais aimé trouvé sur Google.

Le pré-travail: 50h

Lorsque j’ai commencé l’écriture, je savais déjà où j’allais. J’avais mes personnages, mes thèmes et une bonne idée de l’action globale. Je m’étais même fait un petit tableau avec le déroulement des scènes, L’idée originale pour mon livre venait d’une idée télé, alors j’avais déjà bien défriché mon sujet avant d’écrire. J’estime que j’ai mis au moins une 50aine d’heures là-dessus. J’ai d’ailleurs l’impression que ça a été du temps bien investit puisque j’ai pu rapidement avancer dans mon écriture sans avoir à me demander où aller.

L’écriture: 200 heures

Ayant un emploi à temps plein, j’ai écrit mon roman la fin de semaine. Concrètement, j’ai mis mon cadran à 7h les samedis et les dimanches pendant une bonne partie de la pandémie. J’écrivais avec un café dans un thermos jusqu’à 9h30 environ avant de prendre une pause déjeuner (quand ma copine se réveillait). Puis, je poursuivais jusqu’à 11h ou parfois midi. Grosso modo, j’arrivais à écrire une moyenne de 1000 mots en 4 heures. Mon roman fait 50 000 mots, j’estime que ça a donc dû me prendre environ 200 heures pour écrire le premier jet de mon histoire.

Les réécritures: 100 heures

Avant d’envoyer cette première version à mon éditrice, j’ai recommencé le livre du début et j’ai retravaillé chaque chapitre. J’ai clarifié mes idées, coupé le superflu, repunché les dialogues… corrigé une partie des fautes d’orthographe. Une bonne 50aine d’heures.

Suite aux commentaires de mon éditrice, j’ai retravaillé plusieurs éléments et j’ai encore peaufiné. Puis, elle a fait lire à d’autres gens de la maison d’édition et j’ai intégré d’autres notes. Ce travail d’aller-retour s’est fait sur quelques mois et, chaque fois, m’a demandé quelques heures (davantage au début, beaucoup moins à mesure qu’on avançait). Une autre 50aine d’heures.

La version finale: 18 heures

Une fois le tout approuvé par la maison d’édition, j’ai fait une dernière lecture complète en corrigeant certains détails ici et là (environ 7 heures). Puis, j’ai reçu les notes de la personne en charge de la révision linguistique. J’ai intégré 99% de ses notes, environ 4 heures de travail. Puis, j’ai refait une dernière lecture avant qu’on envoie officiellement le tout à la mise en page (un autre 7 heures).

TOTAL: 368 heures.

Pour le plaisir, j’ai calculé que si j’avais travaillé le même nombre d’heures au salaire minimum (14,25$), j’aurais été payé 5244$. Disons que je suis bien curieux de voir si le succès commercial de mon roman est capable de battre ça.

Voici donc la réponse à la fameuse question : « combien ça prend de temps écrire un roman? ». Du moins, c’est MON expérience. D’ailleurs, je suis curieux s’il y a des auteurs qui lisent cet article de savoir combien d’heures ça vous prend?