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Spectacle de soutien aux étudiants

La troupe Partie intime, dont je suis membre, annonce qu’elle tiendra un spectacle de soutien au mouvement étudiant. Afin d’aider à contrer la loi 78 et les arrestations abusives. Tous les profits de la soirée seront versés au comité légal de l’ASSÉ. Est-ce que ce sera un spectacle politique ?

Peut-être, peut-être pas… Partie intime fait du théâtre spontané, il s’agit d’un spectacle d’improvisation de deux heures avec une entracte au milieu. Rien n’est préparé à l’avance, les comédiens découvrent les intrigues et les personnages en même temps que le public. Bref, le contexte dans lequel se tient le spectacle influencera sans doute l’écriture de nos histoires, mais on ne peut pas prévoir ce qui va en sortir.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le concept de Partie intime : https://gauthieralexandre.wordpress.com/category/partie-intime/

Si vous voulez nous aider à faire la promotion du spectacle, merci de faire circuler l’événement facebook : http://www.facebook.com/events/355296954535935/?context=create

Et en enregistrant cette image sur votre ordinateur, il vous sera possible d’imprimer des tracts noirs et blancs :

Selon Jean-Marc Beaudoin: tout le monde se fout du Nouvelliste

Photo provenant du site du journal le Nouvelliste

 

« Ce qu’il faut en conclure, c’est que la majorité des étudiants à Trois-Rivières, comme au Québec, s’en fout de ce mouvement de protestation en leur nom qui ne semble même plus les concerner et qui, si on accepte d’entendre quelques solides jurons, commence, comme la population, à les écoeurer. » Jean-Marc Beaudoin – Le Nouvelliste du 12-13 mai 2012

C’est à l’issu d’un calcul mathématique douteux que le columnist Jean-Marc Beaudoin arrive à cette conclusion au sujet des mobilisations étudiantes. Selon son texte, il n’y avait que 82 étudiants du Cégep de Trois-Rivières à l’assemblée générale rejetant l’offre du gouvernement libéral: 82 sur 4200, dit-il. Pas de quoi clâmer que le Cégep en entier refuse cette offre… une poignée de rouges rien de plus.

En reprenant ces chiffres, on peut calculer un taux de participation de 1,95% dans cette prise de décision. Non, ce n’est pas énorme ! Pourtant, plusieurs facteurs pourraient servir à comprendre cette situation sans en arriver nécessairement à la même conclusion que M. Beaudoin.

En fait, si on suit la logique mathématique de Jean-Marc Beaudoin pour analyser un autre objet: Le journal le Nouvelliste pour lequel il travail par exemple. Quelle conclusion pourrait-on faire ressotir

Selon l‘institut de la statistique du Québec, c’est près de 262 340 personnes qui habitent en Mauricie. D’après un répertoire des médias de la Mauricie, le Nouvelliste aurait un tirage d’environ 47 200 copies. Bref, le seul quotidien régional n’imprime des copies que pour environ un maximum de 17% de la population de son territoire.

Ce chiffre pourrait d’ailleurs être revu à la baisse car les médias ont souvent tendance à gonfler leurs chiffres de tirages pour pouvoir vendre plus de publicités à des annonceurs. Ensuite, des 47 000 copies combien sont livrées chez un abonné versus le nombre de copies qui sont distribuées dans des points de vente où il n’y a aucune certitude qu’elles seront achetées. Bref, la question est de savoir combien de gens lisent vraiment le Nouvelliste…

Parce que tout comme M. Beaudoin a observé plusieurs étudiants dans la cafétéria du Cégep de Trois-Rivières qui n’avaient aucune envie de se rendre à leur assemblée, je vois quotidiennement des gens passer devant les étalages où on vend le Nouvelliste sans même les regarder. J’ai même vu la semaine dernière une femme, dans la salle d’attente d’un dentiste, préférée un vieux châtelaine 2007 à l’édition du jour du Nouvelliste.

Donc de ce nombre de lecteurs réel, qu’il serait hasardeux d’estimer ici, combien lisent vraiment la chronique de Jean-Marc Beaudoin ? On peut facilement terminer cet exercice en affirmant que le pourcentage de gens de la Mauricie lisant réellement la chronique de M. Beaudoin doit être assez faible.

Pourtant, plusieurs facteurs pourraient servir à comprendre cette situation sans en arriver à la conclusion qu’une majorité de gens en Mauricie s’en fout de ce journal qui ne semble pas les concerner et de ce chroniqueur qui, si on accepte d’entendre quelques solides jurons, commence à les écoeurer.

La CLASSE devrait-elle dénoncer Jésus ?

Il n’est pas possible de s’assoir à une table de négociation avec un groupe qui ne dénonce pas la perturbation et la désobéissance civile : « c’est à dire la désobéissance aux lois » affirme Line Beauchamp en point de presse aujourd’hui.

La ministre voudrait donc que les associations étudiantes dénoncent aussi la désobéissance civile en plus de la violence. Comme l’explique Gabriel Nadeau Dubois, porte parole de la CLASSE, sur twitter : « la désobéissance civile, c’est ce que pratiquait les Suffragettes, Rosa Parks, Gandhi et Martin Luther King ». Est-ce que ces luttes sont condamnables selon la ministre ? Aurait-elle refusé de négocier avec Gandhi si celui-ci n’avait pas accepté de condamner la grande marche du sel ?

Si on pousse cette logique plus loin, Line Beauchamp demanderait-elle au Pape de condamner Jésus ? Celui-ci a pourtant pris part à une action, que la ministre aurait jugé violente, de perturbation économique lorsqu’il jète les marchands hors du temple. Il faut ajouter que Jésus refusa de se plier aux injonctions de la loi, ce qui lui a valu d’être jugé et condamné. La CLASSE, pour plaire à la ministre Beauchamp, devrait-elle condamner les comportements de Jésus ?

Ce qui semble déranger la ministre c’est le rapport de force qui a été créé par le mouvement étudiant. C’est d’ailleurs uniquement grâce à ce rapport de force qu’elle invite aujourd’hui les associations étudiantes à négocier. Et c’est ce même rapport de force que la ministre voudrait voir les leaders des associations étudiantes condamner ?!

Contrairement à Pierre dans la bible, espérons que le mouvement étudiant ne se reniera pas lui-même et qu’il sera en mesure de maintenir sa mobilisation, seul gage d’une négociation qu’on espère fructueuse.

 

Chuck Norris mettrait K-O la grève étudiante

Mon devoir de philo. Comme dans le cadre la chronique bimensuelle dans le quotidien Le Devoir je propose de décrypter une question d’actualité à partir des thèses d’un penseur marquant.

Si Chuck Norris était à la tête du gouvernement québécois, il botterait certainement les fesses du mouvement étudiant. Après, il enverrait au tapis tous les autres mouvements de contestation qui existent au Québec.

L’étude attentive des films de Chuck Norris démontre sa capacité à dominer plusieurs adversaires à la fois. Fussent-ils 20 ninjas qu’il réussira à les mettre au sol chacun leur tour.

Comment un simple homme, même Chuck, peut-il réussir à vaincre une telle quantité d’opposants à la fois ? La vérité, en tout respect, c’est qu’il ne le peut pas.

Il ne combat jamais vraiment plus d’un opposant à la fois. Les 20 ninjas cités plus haut l’attaquent chacun leur tour jusqu’à ce que leur groupe soit complètement au tapis. Bref, Chuck Norris ne combat pas 20 opposants simultanément, mais un seul opposant à 20 reprises. C’est la clé de sa victoire.

Les mouvements sociaux (et les ninjas d’ailleurs) devraient tirer leçon de l’anthologie des films de Chuck Norris et ne pas hésiter à rejoindre le mouvement étudiant dans son combat. La pire des stratégies serait d’attendre « son tour » et de laisser les étudiants seuls face au gouvernement.

Selon toute la littérature pertinente sur le sujet et les modèles appropriés, plus il y a d’opposant simultané, plus les chances du gouvernement sont minces. En conclusion, nous croyons que Chuck Norris mettrait K-O la grève étudiante québécoise, mais pas un mouvement social simultané.